Escale à Chitré : entre désert et plage pourrie

La plage, enfin ! Le sable, la mer, l’eau ! Je suis venue dans ce bled pour visiter une zone aride. Quelle drôle d’idée dans une région tropicale humide et luxuriante ! Mais ça a du bon la déforestation : un désert maintenant classé parc national au doux nom de Sarigua. Sauf que j’ai failli mourir de chaud et qu’il a fallu faire quatre kilomètres à pied pour arriver. Quatre kilomètres, c’est rien, mais quand il fait plus chaud que dans un four microonde, on a l’impression d’avoir traversé le Rub al-Khali sans chameau pour porter son sac à dos, ou le Sahara sans beau patient anglais. Alors l’océan qui s’annonce et cette plage, paraît-il essentiellement fréquentée par les « locaux », n’est-ce pas merveilleux ? Les « locaux », ces vrais gens, comme vous et moi, sauf que eux, ils sont vraiment de là-bas, enfin d’ici, alors que nous, on n’est pas d’ici, mais de là-bas… Vous me comprenez, n’est-ce pas ? Bon, le trajet en bus de Chitré qui doit durer vingt minutes prend une heure et enfin, j’arrive à la playa El Agallito. Me baigner enfin… dans la fraîcheur du Pacifique. Et surtout, je pourrai observer les oiseaux dans la mangrove dans la tour d’observation de la station biologique à côté.
Mais où est cette plage ? Il y a un espèce de bar terrasse  fréquenté par une famille et trois pauvres types et une promenade en béton de vingt mètres de long. Je ne suis peut-être pas au bon endroit. En fait… si ! J’emprunte alors un chemin en espérant trouver la tour d’observation des oiseaux. Une habitante m’accoste : c’est pas par là, y a rien à voir, c’est pas ici.
Je finis par boire une bière  et me rend compte que c’est simplement marée haute. La famille panaméenne me regarde comme si j’étais un drôle d’oiseau en migration qui vient de se poser dans la mangrove. Un drôle d’oiseau, j’en rencontre un autre. Un « local » vient s’assoir à ma table et c’est l’occasion de pratiquer mon espagnol. Il est plutôt sympa. Mais j’avoue que j’aurais autant apprécié la compagnie du chevalier semi-palmé, du héron tricolore ou de l’ani à bec lisse.

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