A Kirovsk, Laponie russe : en visite au jardin botanique le plus haut du monde (en latitude !)

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Vue sur Kirvosk. Un peu gris !
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Au jardin botanique de Kirovsk

Suite du voyage en Laponie russe. Voici Kirovsk, une ville juste au-dessus du cercle polaire, dans l’oblast de Mourmansk, à 150 km de cette ville. Le but de la visite est la découverte d’un improbable jardin botanique avec de belles serres tropicales, oui, vous avez bien entendu, tropicales, au nord du cercle arctique ! C’est le jardin botanique le plus haut du monde en latitude. Ou presque, il y en a un aussi en Norvège, mais ce dernier n’a pas de serres tropicales !

Départ en train de Mourmansk, deux heures de trajet à travers les beaux paysages un peu austères du nord russe. On se croirait en automne mais… on est en plein mois d’août !

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Kirovsk est une ville étonnante, toute récente ; sa fondation date de 1930.
Au départ c’était une ville minière. Ça l’est toujours (c’est même l’activité principale de la ville) mais c’est aussi une station de ski en hiver !

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Evidemment, on ne manquera pas d’y croiser un petit Lénine, comme dans toutes les villes russes.
Sur les photos suivantes, vous pouvez voir les paysages rudes de la région. On a l’impression d’être en novembre chez nous, précisons que là-bas (enfin là-haut), c’était l’an dernier en plein mois d’août ! Vous pouvez voir les montagnes Khibiny, qui abritent d’importants gisements d’apatite, la principale ressource de la région, qui a aussi donné son nom à la ville voisine : Apatity.
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Le coin est une chouette région pour les amateurs de géologie. Je ne me risque pas à ramasser quelques cailloux en passant, c’est lourd et puis… les plus lourds ne sont pas les minéraux mais les douaniers russes !
En tout cas, on peut visiter ici un improbable superbe musée de géologie, plutôt bien fait, modernisé et fort intéressant.

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Et nous voilà au jardin botanique, un sacré site qui dépend de l’Académie des Sciences de Russie. C’est à la fois un jardin polaire et alpin et un institut de botanique. On y compte plus de chercheurs que de visiteurs ! J’exagère un peu… Mais oui, on y fait encore beaucoup de recherche (contrairement aux jardins français…) et oui aussi, il est visité par pas mal de classes de la région.
On peut y cheminer par différents sentiers écologiques. Environ 400 espèces locales y sont cultivées, dans un site protégé de 1250 ha.

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Ça pousse bien dans le grand nord !
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Accueil chaleureux de l’équipe du jardin et belle visite dans les serres… tropicales !

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Ella, ma formidable couchsurfeuse qui m’héberge très généreusement, avec un sympathique couple d’Ukrainiens.
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Vue du jardin botanique

Lovozero : terres lapones en Russie

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Mon voyage dans la péninsule de Kola n’avait pas pour objectif la visite d’une brise-glace usagé. C’était plutôt m’aventurer en terres inconnues, chez les Lapons russes. Enfin, les Lapons vivant en Russie, le peuple sami étant réparti entre quatre pays du nord.

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Si la majorité des Samis vivent en Norvège (entre 60 000 et 100 000 personnes), en Suède  (15 000 à 25 000 personnes) et en Finlande (environ 6 000 personnes), on compte quelques 2 000 Samis en Russie, vivant essentiellement dans le village de Lovozero.

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Le long du chemin, le paysage est grandiose. Des forêts et des tourbières à perte de vue. Je n’ai jamais vu d’aussi immenses tourbières ! D’ailleurs, en arrivant dans le village, j’eus la bonne idée d’aller me promener dans la nature. Mais j’avais oublié un détail important : les bottes ! Après de multiples tentatives, j’ai du me résoudre à faire demi-tour, après m’être embourbée plusieurs fois. Pas de chemin. Rappelons que le principal moyen de locomotion est la moto-neige en hiver, le quad en été.

On trouve  un centre culturel sami dans le village mais il était fermé quand j’y suis passé. Sinon, bien sûr, je me suis intéressée aux éleveurs de rennes, étant donné que c’est l’activité traditionnelle des lapons. Visite un peu surprenante. Je m’attendais à aller visiter une « ferme à rennes » comme on en trouve en Finlande, un peu touristique, où on peut aller caresser les bébés rennes. Rappelons que nous sommes en Russie, et qu’en Russie, rien n’est jamais pareil et que c’est toujours un autre monde !
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On me propose d’abord d’aller visiter le « village des rennes » l’après-midi où je viens d’arriver, mais en raison de risque de pluie et d’orages, on repousse au lendemain. Je me demande un peu pourquoi mais… je comprendrai vite. Le lendemain matin, le départ se fait… en bateau. La jeune fille de la chambre d’hôte m’accompagne, ainsi qu’un beau Lapon aux yeux bleus. 45 minutes de bateau sur le lac Lovozero. Le père de la jeune fille, toujours attentionné, m’a prêté une énorme doudoune car malgré toutes mes couches, le vent est glacial sur le lac et il fait très froid, même au mois d’août. Rappelons que nous sommes au nord du cercle polaire. La région est sauvage et magnifique.

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En arrivant, c’est un peu la surprise. Un couple de Samis d’un certain âge vit dans un coin très isolé à l’autre bout du lac, dans une grande misère. Ils possèdent trois pauvres rennes, une tente et pas grand chose. On dirait des ermites. Certains Russes semblaient surpris quand je leur raconte la situation, les Samis ayant généralement des aides des l’Etat. Apparemment, pas ceux-là.

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Infos pratiques :

Pour se rendre à Lovozero, c’est un petit peu compliqué. Il faut prendre le train de Mourmansk jusqu’à Olenegorsk, puis trouver un bus qui s’arrête à Revda et attraper un autre bus qui arrive à destination. Il ne faut pas être pressé. Mais les Russes, avec leur galanterie habituelle, ne manqueront pas de vous aider.

Pour vous loger… pas évident non plus. J’ai trouvé une chambre d’hôte fort agréable, la seule j’ai l’impression. Il y avait auparavant un hôtel mais qui est maintenant fermé.

Pour manger, à part un petit supermarché, vous ne trouverez rien. Mais mes hôtes m’ont préparé de délicieux repas : un bon ragoût de rennes maison ! C’est excellent.

Pour repartir, un voisin m’a ramené à la gare d’Olenegorsk, sinon, j’y serai peut-être encore.

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Visite du Lénine, le brise-glace nucléaire de Mourmansk (Péninsule de Kola, Russie)

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Romantique, le brise-glace nucléaire ? Peut-être pour une histoire d’amour atomique !

Le Lénine était le premier brise-glace nucléaire du monde, lancé en 1957. Il en retraite depuis 1989 et se repose au port de Mourmansk. C’est maintenant un musée, mais la visite ne se fait pas seul. (Sait-on jamais…).

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C’est fort intéressant pour les nostalgiques de la guerre froide, et même pour les autres.
On peut y découvrir la salle des machines, la salle de jeux, la cuisine, le cabinet médical et la grande salle de conférence qui a accueilli les grands de ce monde tel Fidel Castro.

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Vous avez reconnu Fidel ?
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Dans la salle de conférence

On trouve aussi à l’intérieur une exposition récente sur la faune et la flore. Une merveilleuse idée ! Après avoir laissé une bonne dose de déchets nucléaires dans la région, c’est toujours utile de rappeler que l’homme n’est pas seul dans ce vaste horizon perdu.

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Pas trop envie de se faire opérer ici…

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Salle des machines

La Russie compte aujourd’hui 6 autres brise-glaces plus modernes ; c’est la plus importante flotte mondiale pour ce type de navire. On peut à certaines périodes de l’année voir à quai le Yamal et le 50 let pedoby.

Le second brise-glace à propulsion nucléaire était l’Arktika, lancé en 1972 ; il est également à la retraite. C’était le premier navire a avoir atteint le pôle Nord en 1977. L’année dernière, Antarkita II, le plus puissant et le plus gros monde a été inauguré à Saint-Pétersbourg. Il devrait rejoindre Mourmansk d’ici la fin de l’année.

Où en est-on de la radioactivité dans la péninsule de Kola ? Il y a quelques années, la région était l’une des plus concentrées au monde en déchets radioactifs (l’équivalent de 9 Tchernobyl !). Aujourd’hui, c’est censé être beaucoup plus « propre » et les habitants n’ont pas l’air de s’en inquiéter. De nombreux efforts ont été faits pour nettoyer les sites. La radio locale continue d’annoncer, dans le bulletin météo, le niveau de radioactivité. Mais de nombreuses zones restent fermées et interdites aux visiteurs étrangers dans la région.

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Vue sur Mourmansk depuis l’intérieur du Lénine

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Voyage à Mourmansk, ville russe au nord du cercle polaire

Cet été, j’ai eu le plaisir de découvrir une région pas trop connue du Grand Nord : la péninsule de Kola. La péninsule est située au nord de la Russie occidentale, à la frontière de la Finlande, entre la mer de Barents et la mer Blanche.

Voilà où ça se trouve !

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La gare de Mourmansk

Mon arrivée à Mourmansk par un vol de Saint-Pétersbourg ne passe pas inaperçue. Trois policiers m’attendent. J’ai le droit à un interrogatoire d’une heure pendant la nuit (dans un baragouinage mi-anglais mi-russe). Qu’est-ce que vous venez faire à Mourmansk ? Vous voyagez… toute seule ?

J’évite de faire des blagues et de leur dire que je suis agent-secrète ou journaliste… il y a encore plein de zones militaires interdites dans la région. J’essaie de leur faire comprendre que je viens faire du tourisme. Mais… pas facile à expliquer ! ( Ça se comprend me direz-vous…)

Qu’est-ce que vous venez voir à Mourmansk ? Ben… bonne question ! J’ai retenu en lisant des choses sur internet (car vous ne trouverez pas de Guide du Routard de la péninsule de Kola) qu’il y avait une statue nommée Alyosha. Qui ça ? Alyosha ! La statue ! Vous venez à Mourmansk juste pour voir une statue ? Mouzéi aussi ! Les musées aussi ! (Mais… ne venez pas pour ça, tout est écrit en russe avec une scénographie des années 50).

Ils finissent par éplucher tout mon passeport et me demandent à chaque fois : Vous êtes allée au Vietnam ? Qu’est-ce que vous êtes allée faire du Vietnam ? Vous êtes allée en Bolivie ? Qu’est-ce que vous êtes allée faire en Bolivie ? … Inutile de dire qu’on est parti pour la nuit à ce rythme-là.

Après un interrogatoire digne d’un film d’espionnage, ils me libèrent enfin, plus intrigués que réellement soupçonneux, en concluant par un… Good luck !

Un taxi m’emmène à travers la forêt dans la nuit très claire, jusqu’à mon hotel 4 étoiles (la classe ! la première fois de ma vie ! 58 euros la chambre plus grande que ma salle à manger, petit déj compris). C’est pour une nuit, en attendant de loger chez les autochtones.

Voici la magnifique vue de ma chambre. Il n’y a pas de vue sur la mer !

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Et voilà donc le fameux Alyosha ! Il mesure quand même 35,5 mètres. Au moins, ça change de Lénine ! Il a été érigé en 1974 à la mémoire des défenseurs de l’armée soviétique de la région arctique pendant la Grande Guerre.

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L’hotel Azimut, mais c’est pas là que je dors. La prochaine fois !

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Voici une petite photo de cette cité nordique qui vous donnera probablement envie d’y passer vos prochaines vacances. Il y a certains avantages : moins cher que New York, moins d’embouteillages que sur la Côte d’Azur, moins de touristes que sous la tour Eiffel. Le poisson est excellent (quoiqu’un peu radioactif), les gens sont charmants (quoiqu’un peu rustres) et le soleil est (parfois) au rendez-vous (en été. Rappelons qu’en hiver il ne montre pas le bout de son nez pendant 42 jours).

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Il y a même des cinémas, mais celui-ci est fermé. J’en ai trouvé un autre, hypermoderne, ai vu un film au hasard qui s’est trouvé être un film de vampires en russe (au moins il n’y avait pas grand chose à comprendre).

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Et voici Mourmansk après la pluie. Les trottoirs sont humides comme les pavés de Paris.

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Mourmansk est une ville d’environ 300 000 habitants, toute récente. En 2016, elle a fêté ses 100 ans tout rond ! C’est au départ une ville portuaire mais les amateurs de géologie trouveront leur compte dans la région…

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Ne croyez pas qu’il fasse si froid : la mer de Barents apporte de la douceur toute l’année.  Un petit moins vingt de temps en temps mais c’est rare.

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Infos pratiques :

Pour voyager à Mourmansk, il faut :
– un visa
– le moral
– un intérêt pour les sous-marins nucléaires

Où dormir ?
– Pas d’auberges de jeunesse ou de guesthouse à Mourmansk. J’ai testé le Park Inn by Radisson. Nuit à 58 euros.
Sachez que c’est une chaîne et que dans le même hôtel à New York, la chambre est à 357 euros. (Je vous l’avais dit, c’est mieux que la Big Apple !)
– N’hésitez pas à tenter le couchsurfing, j’ai trouvé des hôtes particulièrement accueillants et sympathiques.

Que voir ?
That is the question !
– notre ami Alyosha
– la rue Lénine
– un exemple d’une des villes les plus moches du monde
– des aurores boréales, mais en hiver et en s’éloignant de la ville.

« Comment voyager seule quand on est petite, blonde et aventureuse »

Qui est aussi petit, blond et aventureux ?
Je me permets de partager ce chouette dessin d’une illustratrice que je remercie bien !

Amandine Labarde

Petit gribouillage en l'honneur d'un super livre à lire, Comment voyager seulequand on est petite, blonde et aventureuse, de Katia Astafieff.
Un livre qui fait bien rire et donne bel et bien le goût du voyage.
Résumé :
"Comment voyager dans le delta du Mékong sans être Duras? Comment se faire des
copines qui aiment Poutine? Comment se débarrasser d'un indien plus collant qu'un
naan au fromage? Comment passer pour une fille volcanique dans un cratère panaméen?
Comment camper dans le Connemara quand on a une cystite? C'est à ces questions
existentielles - que ce pose toute voyageuse en solitaire - et à bien d'autres
encore, que ce livre répond avec mordant et autodérision.
www.editionsdutresor.com
Katia Astafieff est née en Lorraine en 1975.
Petite, blonde et aventureuse, elle est passionnée par l'univers des plantes,
l'écriture et, bien sûr, les voyages!".
Site de l'auteur : www.katia-astafieff.fr
 Qui est aussi…

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